La cryptographie RSA-2048, utilisée pour sécuriser et authentifier certaines communications numériques, pourrait théoriquement être attaquée avec beaucoup moins de ressources quantiques qu’estimé jusqu’ici. Dans une étude publiée le 29 octobre 2026, la start-up française Alice & Bob évalue à 22 593 qubits physiques le besoin nécessaire pour casser une clé RSA-2048, avec un temps de calcul d’un peu plus de trois jours.
Une estimation nettement inférieure à celle de Google
Cette évaluation contraste avec les travaux de Google Quantum AI. En 2025, l’entreprise américaine estimait qu’une attaque comparable nécessiterait environ un million de qubits physiques et près d’une semaine de calcul. Alice & Bob ne présente donc pas une attaque opérationnelle, mais une nouvelle modélisation des moyens théoriques à mobiliser.
| Estimation | Qubits physiques | Durée annoncée |
|---|---|---|
| Alice & Bob | 22 593 | Un peu plus de 3 jours |
| Google Quantum AI, 2025 | Environ 1 million | 1 semaine |
| Oratomic, mars 2026 | Environ 13 000 | Près de 2,5 ans |
Des hypothèses liées à la correction des erreurs
Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs d’Alice & Bob ont repris les versions les plus récentes connues de l’algorithme de Shor. Leur approche s’appuie notamment sur plusieurs évolutions techniques :
- des qubits présentés comme moins sensibles aux erreurs ;
- des codes de correction plus efficaces ;
- une organisation différente des calculs nécessaires à l’attaque.
L’algorithme de Shor, mis au point en 1994, a contribué au lancement de la course à l’informatique quantique. Il démontre en théorie qu’un ordinateur quantique peut factoriser de très grands nombres bien plus rapidement qu’une machine classique. Cette propriété menace les systèmes de cryptographie à clé publique comme RSA.
Une menace encore théorique
Les travaux publiés ne signifient pas qu’une clé RSA-2048 peut aujourd’hui être cassée par un ordinateur quantique disponible. La menace reste hors de portée des machines actuelles. Elle concerne toutefois les organisations qui s’appuient sur RSA pour protéger ou authentifier des échanges numériques, car la baisse théorique du nombre de qubits nécessaire modifie les hypothèses de long terme sur la résistance de ces systèmes.
Les résultats d’Alice & Bob restent par ailleurs dépendants des choix techniques retenus dans la simulation. Une autre étude, publiée en mars 2026 par des chercheurs associés à Oratomic, estime qu’environ 13 000 qubits physiques suffiraient, mais avec une durée de calcul proche de deux ans et demi. Ces écarts illustrent l’importance des architectures de qubits et des méthodes de correction des erreurs dans les estimations de la cryptographie post-quantique.