À l’approche de l’attribution du prix Goncourt, prévue le 3 novembre 2026, l’utilisation de l’intelligence artificielle générative dans l’écriture revient au centre des débats. Une enquête menée par Ipsos bva pour CESI école d’ingénieurs montre que les Français restent attachés à une création littéraire portée par un auteur humain et demandent davantage de transparence sur les outils employés.
Une attente de transparence chez les lecteurs
Les modèles génératifs sont désormais capables de produire des textes élaborés, mais leur intervention dans la rédaction d’un roman soulève plusieurs questions. L’étude s’intéresse notamment à l’authenticité attribuée aux œuvres, à la responsabilité de leur signataire et à la relation de confiance entre les maisons d’édition et leur public. Parmi les personnes interrogées, 62 % expriment une position mesurée dans les résultats communiqués par Ipsos bva et CESI école d’ingénieurs.
- La création littéraire conserve une forte dimension humaine aux yeux des Français.
- L’usage éventuel d’une IA doit être signalé de façon claire.
- La controverse touche à la fois l’auteur, l’éditeur et la confiance des lecteurs.
Une enquête réalisée auprès de 1 000 Français
Le sondage a été conduit via Ipsos.Digital, du 9 au 12 octobre 2026. Il porte sur 1 000 Français âgés de 18 à 75 ans, constituant un échantillon représentatif selon la méthode des quotas appliquée au sexe, à l’âge, à la catégorie socioprofessionnelle et à la région.
| Éléments de l’étude | Données |
|---|---|
| Organismes | Ipsos bva et CESI école d’ingénieurs |
| Période | 9 au 12 octobre 2026 |
| Échantillon | 1 000 personnes de 18 à 75 ans |
| Résultat communiqué | 62 % |
La controverse autour d’un premier roman
La publication de ces résultats intervient après la polémique concernant Thélyson Orélien et son premier roman C’était ça ou mourir, publié chez Grasset. Le 21 octobre, l’éditeur canadien Les Éditions du Boréal a annoncé la fin de sa collaboration avec l’écrivain, après une analyse externe concluant à un recours à l’intelligence artificielle dans l’écriture du livre.
Cette décision faisait suite à la reconnaissance d’accusations de plagiat le 13 octobre et aux réactions de plusieurs jurys littéraires. L’ouvrage a été retiré des sélections du Goncourt et du Femina. Le Renaudot a, de son côté, choisi de le maintenir dans sa sélection.
Pour le secteur de l’édition, cette affaire met en évidence une question appelée à se poser au-delà d’un cas individuel : dans quelles conditions l’assistance d’une IA peut-elle être utilisée sans modifier la perception du travail de l’auteur ni la confiance accordée par les lecteurs à l’œuvre publiée ?