Les flux de petits colis chinois vers la France ont nettement ralenti durant l’été. Entre juin et août, les montants de TVA déclarés pour ces envois ont reculé de 48 %, selon les données présentées mercredi par le gouvernement au ministère de l’Économie. Le cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics a indiqué à l’AFP que cette baisse concernait à la fois le nombre de colis et leur valeur.
Une baisse associée à la mesure européenne
L’exécutif attribue ce mouvement à l’entrée en vigueur, en juillet, d’une taxe européenne destinée à encadrer l’arrivée massive de petits envois sur le marché communautaire. Les plateformes Shein, Temu et AliExpress figurent parmi les sites concernés par ces flux. Un an après la polémique ayant impliqué Shein, le gouvernement estime que les premières données traduisent des « résultats tangibles ».
| Indicateur | Donnée publiée |
|---|---|
| Évolution des montants de TVA déclarés | -48 % entre juin et août |
| Petits colis entrés dans l’Union européenne en 2025 | 5,9 milliards |
| Part provenant de Chine | 93 % |
| Rythme moyen en 2025 | Plus de 180 par seconde |
Un changement d’échelle en quelques années
Le phénomène avait pris une ampleur considérable au niveau européen. Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l’Union européenne en 2025, soit quatre fois plus qu’en 2022. La Chine représentait 93 % de ces arrivées, les marchandises étant généralement commandées sur des plateformes de vente en ligne à bas prix.
Cette progression alimentait les critiques des entreprises européennes, des associations et des autorités publiques. Les griefs portaient notamment sur une concurrence jugée déséquilibrée, les entreprises européennes ne bénéficiant pas des mêmes exemptions douanières, mais aussi sur la pollution liée aux livraisons, la contrefaçon et la sécurité des consommateurs.
Les plateformes asiatiques sous surveillance
En novembre 2025, la découverte sur Shein de jouets sexuels à l’apparence de fillettes, ainsi que d’armes et de médicaments interdits à la vente, avait accéléré la mobilisation. L’affaire avait mis en lumière les difficultés de contrôle de produits expédiés depuis la Chine et vendus à prix cassés. La réaction européenne s’est ensuite concentrée sur le levier fiscal pour tenter de réduire l’afflux de colis et de rééquilibrer les conditions de concurrence.
- Pour les plateformes : la baisse mesurée porte sur les montants déclarés entre juin et août.
- Pour les marchands européens : le dispositif vise un flux qui atteignait quatre fois son niveau de 2022.
- Pour les consommateurs : les contrôles et les mesures européennes répondent aux enjeux de conformité et de sécurité des produits.
Le recul de 48 % constitue le premier indicateur communiqué par le gouvernement depuis l’application de la taxe européenne. Il intervient alors que les autorités cherchent à limiter les effets de l’exemption douanière qui facilitait l’entrée de très nombreux envois de faible valeur sur le marché européen.