Les jeunes actifs entrant sur le marché du travail semblent rencontrer davantage de difficultés dans les métiers susceptibles d’être transformés par l’intelligence artificielle. Une étude publiée par la Banque de France avec le LIFT et HEC Paris compare l’évolution des embauches en CDI des personnes âgées de 21 à 29 ans entre 2022 et le début de 2026.
La baisse atteint 28 % dans les métiers considérés comme les plus exposés à l’IA. Elle s’établit à 7,5 % dans les professions les moins exposées. Ces résultats portent sur l’embauche des jeunes et ne mesurent donc pas une disparition générale des emplois concernés.
Deux mesures pour distinguer exposition et usage
Les chercheurs séparent l’exposition théorique d’un métier de l’utilisation effective de l’IA par les entreprises. Le premier indicateur évalue les tâches qu’une technologie pourrait techniquement réaliser. Le second repose sur une enquête de conjoncture de la Banque de France consacrée à l’usage déclaré de l’IA.
Le rapprochement des deux bases couvre environ 6 000 entreprises. Parmi elles, près de 600 déclaraient un usage intensif de l’IA au début de 2026. Ces entreprises recrutaient déjà, avant l’arrivée de ChatGPT, davantage dans des métiers exposés, y compris lorsqu’elles appartenaient au même secteur d’activité.
- 28 % de baisse des embauches en CDI des 21-29 ans dans les métiers les plus exposés ;
- 7,5 % de baisse dans les métiers les moins exposés ;
- près de 600 entreprises déclarant un usage intensif de l’IA début 2026.
Un recul qui ne repose pas uniquement sur l’IA
L’étude établit un lien entre l’usage intensif de l’IA et le recul du recrutement des jeunes, mais elle ne présente pas l’intelligence artificielle comme l’unique explication. Les auteurs mentionnent également la réduction des budgets consacrés aux corrections et aux ajustements après la période post-Covid.
Le développement du télétravail pourrait aussi avoir pesé négativement sur l’embauche des profils juniors. Dans les métiers technologiques, l’IA intervient ainsi parmi plusieurs facteurs susceptibles d’expliquer l’évolution observée. L’analyse invite donc à distinguer l’automatisation potentielle des tâches, les pratiques concrètes des entreprises et la conjoncture propre à chaque profession.
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Jeunes concernés | 21-29 ans |
| Période observée | Depuis 2022 |
| Entreprises étudiées | Environ 6 000 |
| Usage intensif de l’IA | Près de 600 entreprises |